Très haut débit pour tous d’ici 2021 : est-ce possible ?

Le président de la République française veut accélérer la lutte contre la fracture digitale et promet une couverture globale du territoire en THD d’ici 2021. Soit trois ans d’avance. Pour tenter de tenir cette promesse, Emmanuel Macron compte sur l’ensemble des technologies disponibles : la 5G, la 4G fixe, le satellite, la fibre optique…

La fracture numérique (ou digitale) est la première chose qui nourrit les extrêmes, insiste le chef de l’Etat. “D’ici fin 2020, on doit alors prendre de nouvelles mesures de contrainte et d’incitation à l’égard des opérateurs télécoms”.

À l’origine, le Plan France Très Haut débit (PFTHD), lancé en février dernier, prévoyait le THD pour tous à l’horizon 2021.

But : offrir à l’ensemble des administrations, sociétés et foyers des pays un accès à internet performant grâce principalement à la fibre optique (ou le réseau FTTH) ou à une connexion câble.

“Plus le débit est élevé, plus la vitesse de transmission des données (documents, image, musique, vidéos, pages web, etc.) est rapide”, ajoute le président de l’entreprise Paritel, Jean-Philippe Bosnet.

Selon les derniers chiffres publiés samedi par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), au 31 décembre 2019, près de 73 % du territoire français a déjà accès au THD avec néanmoins de fortes inégalités entre la campagne et la ville.

73 % du territoire a accès au THD !

Toujours selon les données de l’UIT, 42 % des foyers professionnels et des logements y ont accès, dans les territoires ruraux, contre plus de 72 % dans les territoires urbains. Emmanuel Macron a certes avancé le calendrier de trois ans, mais celui-ci parle d’accès au haut et très haut débit. Or, réellement tout le territoire est, à ce jour, couvert par l’ADSL, le haut débit donc, avec plus de 45 millions de prises cuivre.

Ce dernier a appelé, lors de son discours de clôture de la Conférence des territoires au Sénat, mardi 18 février, à envisager les interdépendances technologiques entre le satellite, l’internet mobile et la fibre optique.

De son côté, la Fédération française des télécoms, comprenant Bouygues Telecom, SFR, Orange et Paritel, a déjà des sollicitations. Celle-ci propose principalement : – D’alourdir les responsabilités des opérateurs de télécommunications en échange d’un renouvellement anticipé de leurs licences de téléphonie mobile.

– Ou encore un abaissement de l’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseau, ou de l’Ifer mobile.

Les cinq principaux opérateurs français se sont engagés à investir plus de 2 milliards d’euros supplémentaires pour améliorer la couverture mobile dans les zones de campagne et moyennement denses, selon Sébastien Soriano, le président de l’Arcep.