Médias sociaux et communication

Parce que les bulletins d’information sont devenus des objets commerciaux qu’on vend aux annonceurs comme les autres denrées mass-médiatique, ce sont les médias qui arrêtent les fondements de la réalité.

Jour après jour dans les médias, une certaine réalité nous est décrite, en fonction du cadre de référence du média.

Pour conserver l’intérêt de l’auditeur/ spectateur/ lecteur, on travestit la réalité en spectacle.

On ne parle plus ici de la société du spectacle de Debord (1971), mais plutôt du spectacle de la société.

L’information-spectacle vit de simplification et de contradiction et non de conciliation.

Elle préfère le spectacle à la complexité de la réalité, la controverse à la recherche des équilibres.

En posant ainsi les problèmes, les médias obligent nécessairement les décideurs à prendre des décisions médiatico-politiques.

Les groupes de pression n’agissent plus qu’en fonction d’attirer l’attention des médias.

 Quand l’information devient spectacle :

L’information spectacle enferme les intervenants sociaux dans une dialectique qui crée ses propres règles du discours.

Ce qui est recherché, ce n’est plus le bien public, mais la réponse à des interrogations qui alimentent le spectacle.

Et celui-ci privilégie le fait divers au fait politique, les épiphénomènes aux vrais débats.

L’exemple des États-Unis

“C’est ainsi que “Les télévisions américaines ont ouvert… Leurs journaux avec les images de Georges Bush larmoyant sous l’effet des gaz lacrymogènes utilisés pour disperser les manifestants et contraint de quitter la tribune d’honneur de la place centrale de Panama…

Ces images ont d’autant plus frappé que le dernier voyage du président à l’étranger, l’hiver dernier au Japon (considéré comme un fiasco sur le plan économique) avait donné lieu à une scène tout aussi inhabituelle : M. Bush, souffrant d’une grippe intestinale, avait, un court instant perdu connaissance et dû quitter un dîner officiel”.

C’est de cette façon que les incidents de parcours prennent le pas sur le fond des choses, affirme, la journaliste “Audrey Crespo-Mara”.

L’athlète canadien Bruny Surin, arrivé 4èm aux 100 mètres aux Jeux olympiques de Barcelone, disait sa déception de la faible attention portée à sa performance par les médias canadiens, face à un Ben Johnson éliminé en demi-finale.

“En se droguant, en trichant avec les règles, il est devenu un héros… Déchu.

Moi, j’ai respecté les règles du jeu, je ne me suis jamais drogué, j’arrive 4ème aux Jeux olympiques, et on parle toujours de l’autre…”.

Devant ces pouvoirs multiples des médias, il ne faut pas s’étonner que certains auteurs aient parlé de tyrannie.

Celle-ci s’exerce, non seulement par les idées et les faits que les médias diffusent ; mais davantage par l’obligation des acteurs sociaux de suivre les règles de la communication mass-médiatiques, s’ils veulent exister”, article écrit par la journaliste française “Audrey Crespo-Mara”.

Cette dernière est diplômée du Centre de formation des journalistes et aussi, de Sciences Po Toulouse.